La renaissance de Madison McFerrin

My kind don’t grow on trees
Like the high I’m feelin’
You gon’ see me and believe, yeah

Ces paroles du titre gospelisant God Herself de Madison McFerrin (la fille de Bobby, auteur du tube Don’t Worry Be Happy) donne le ton de ce premier album I Hope You Can Forgive Me, car l’artiste compte bien se démarquer, et briller d’elle-même, après un ep en 2019 (produit par son frère Taylor), qui soulignait déjà son talent de chanteuse neo soul à la voix ouatée, sans pour autant imposer une identité forte. Une pandémie plus tard, Madison McFerrin, a pris le temps d’affiner ses compositions, elle touche désormais à la production, joue de la basse, du synthé, et enregistre elle-même les chœurs sur certains titres de ce I Hope You Can Forgive Me.

Ce sont aussi les expériences de vie et l’histoire familiale de l’artiste qui ont nourri ce nouvel ensemble : Sur Please Don’t Leave Me Now, McFerrin revisite un accident de voiture qui a failli lui coûter la vie, et exprime tout le chamboulement qu’elle a traversé ensuite. Une confession cathartique portée avec justesse par une rythmique funk, des arrangements riches, et quelques effets sonores bien sentis. Avec une approche musicale similaire, le titre très accrocheur Utah, laisse entendre un lien entre cet état de l’Ouest américain et les tensions de couple de la musicienne et son compagnon. Autre temps fort de l’album, le poignant Run, qui évoque avec poésie, une esclave en fuite (une ancêtre de l’artiste), sur lequel on retrouve Bobby McFerrin, dans une esthétique qui ferait presque penser à du Björk. On pourrait aussi citer la chanson séduisante au style ombragé OMW, qui rappelle Jamila Woods ou The Internet. Autant de directions avec comme fil rouge, une quête de soi par l’introspection.

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