
Lynda Dawn
Lynda Dawn : Where You Are
Un titre sur l’une des compilations Brownswood Bubblers de Gilles Peterson en 2018, un premier EP (At First Light) très funk et très alléchant en 2019, un remix de son morceau « Rose » par le producteur XL Middleton en 2021, et une performance remarquée au festival Cross The Tracks à Londres, l’année suivante. Avec tout cela, la chanteuse Lynda Dawn a eu le temps d’étoffer ses références, avant de sortir le très beau EP 11th Hour ce mois-ci. Élevée dans une église pentecôtiste, elle en a tiré une voix céleste qui fait penser à Patrice Rushen ou Minnie Riperton. Et les influences de ces musiques soul de la fin des années 70 se ressentent jusque dans les productions tirées à quatre épingles de Al Dobson Jr. Comme sur ce « Where You Are », très sexy.
Allysha Joy : Dropping Keys
Chanteuse au timbre de voix joliment éraflé et multi-instrumentiste, l’australienne Allysha Joy propose une neo soul sophistiquée, lovée dans des grooves jazz et funk séduisants. Elle trouve son inspiration du côté de Meshell Ndegeocollo, mais aussi chez Gil Scott Heron. Sur son album The Making Of Silk, sorti en septembre dernier, entièrement écrit et produit par ses soins, on trouve notamment le très riche « Dropping Keys » et sa poésie toute en introspection.
Ludivine Issambourg : Kickin’ Your Ass
La flûtiste Ludivine Issambourg aime tellement le jazz-funk qu’elle a dédié tout un album de reprises à Hubert Laws, Outlaws sorti en 2020, via le label Heavenly Sweetness, et sur lequel on retrouve le touche à tout virtuose Chassol en invité. Pour annoncer la sortie de son prochain LP, Above The Laws qui sortira en novembre, Ludivine propose notamment ce titre très justement appelé « Kickin Your Ass » qui percute l’auditeur, avant de l’amener sur le dancefloor. Il faut noter la présence ici à la réalisation et au Fender Rhodes du pas moins funky Eric Lignini. Autant dire que cette musicienne de talent sait bien s’entourer.
Celia Wa : Ola
Autre sortie du label Heavenly Sweetness toute aussi réjouissante, le titre « Ola » de Celia Wa, chanteuse, compositrice et elle aussi flûtiste. Après avoir beaucoup collaboré sur scène avec le génial David Walters, l’artiste guadeloupéenne invite le musicien pour la composition de cette chanson et quelques riffs de guitare acidulée. Et si l’influence de Walters se fait évidemment sentir ici, c’est tout l’aplomb et la voix contrastée de Celia qui donnent force à ce morceau. Dans ses paroles en créole, elle se confronte à son compagnon et ses absences, posée sur une production aux inspirations gwoka et amapiano. Une musique qui séduit, captive et tutoie son auditoire.
Seun Kuti : Love & Revolution
Probablement le meilleur titre sur le nouvel et solide album de Seun Kuti et Egypt 80 (la formation qui accompagnait déjà son père), « Love & Revolution » est une dédicace à l’épouse du chanteur nigérian, mais aussi une façon de voir l’amour comme une source d’inspiration dans les combats pour changer le monde. D’ailleurs Kuti marche aujourd’hui dans les pas de Fela, il a été particulièrement impliqué dans la lutte contre les violences policières au Nigeria ces dernières années.
Cherise feat. Meduulla : High Up
Pour celles et ceux qui suivent ce site depuis son lancement, vous avez déjà croisé ici le nom de la chanteuse et guitariste anglaise Cherise. Sur son dernier EP intitulé Butter, sorti ce mois-ci, elle livre une soul pleine de charme et engageante qui brille en particulier sur le titre « High Up », bien assaisonné par le flow de la rappeuse Meduulla, originaire de Manchester. Cherise sera en concert au POPUP! à Paris le 21 novembre prochain.
Bilal : Tell Me
Jusqu’au très récent Adjust Brightness, le chanteur et compositeur Bilal, figure importante de la scène neo soul du début des années 2000 et membre des Soulquarians (il a collaboré avec Common mais aussi Dr Dre) n’avait pas livré d’album studio depuis 2015 (In Another Life, produit par Adrian Younge), période à laquelle il prêtait aussi main forte à rien moins que Kendrick Lamar sur son désormais classique To Pimp A Butterfly. Depuis, Bilal a vécu au Maroc, et s’est même mis à la peinture. Autant de nouvelles sources d’inspiration pour apporter quelque chose de singulier à son répertoire. Alors, après la sortie en juin dernier d’un live enregistré à Brooklyn fin 2023, Live at Glasshaus, dans lequel Bilal revisite ses classiques aux côtés de proches collaborateurs comme Questlove ou Robert Glasper, l’artiste originaire de Philadelphie propose cette fois-ci un ensemble soul, riche mais nuancé, où se fait sentir l’influence de Prince, des musiques électroniques, du funk et d’une touche de jazz. Et parmi les temps forts de ce Adjust Brightness, il y a « Tell Me », une confession romantique sans détour.
Homer feat. Kirby : Rollin’
Le CV du batteur Homer Steinwess est un best of des grandes heures des musiques populaires de ces vingt dernières années : Amy Winehouse, Sharon Jones, Bruno Mars, Lady Gaga, Solange, Adele mais aussi Kirby, chanteuse soul dont vous avez déjà entendu parler ici, notamment via le titre « Black Leaves » qui est devenu viral sur TikTok dernièrement. Et quoi de mieux pour faire vivre ce « Rollin » charmeur et suave que la voix douce et ronde de cette artiste originaire du Mississippi ? Voilà donc une introduction alléchante pour l’album Ensatina d’Homer, à venir le 15 novembre, via la belle maison Big Crown Records.
Kelly Finnigan : Count Me Out
Le chanteur, compositeur et leader des Monophonics est probablement l’un des artistes les plus prolifiques et talentueux de cette soul vintage qui continue de raviver la flamme des grandes heures des labels de soul tels que Motown, One-derful ou Stax/Volt, sans chercher à faire de la copie conforme. Sur son nouvel album, Kelly Finnigan convoque les esprits d’Otis Redding ou David Ruffin, quand il chante sans filtre les tourments de l’amour. Un des titres les plus intenses ici, « Count Me Out » prend la forme d’une ballade majestueuse, ultime et déchirante.
Emilia Sisco : Too Late
Le froid de la Finlande n’entrave en rien la voix chaleureuse d’Emilia Sisco héritée d’Aretha Franklin ou même de Billie Holiday. Pareil pour le groove de Cold Diamond & Mink, et leur soul en vison sorti d’un club d’Helsinki aux lumières tamisés, où la musique vous pique en plein cœur entre deux gorgés d’alcool fort. Certes, il est parfois trop tard pour soigner les blessures sentimentales, mais jamais pour apprécier ce genre de chanson poignante. De quoi se réjouir de la sortie en décembre prochain, de l’album Introducing Emilia Sisco.
Laisser un commentaire